1. Mai 1760, Naissance de Rouget de Lisle

Claude-Joseph Rouget naquit le 10 mai 1760 à Lons-le Saunier, sous le règne de Louis XV. Aîné de huit enfants, il vécut une enfance heureuse, se passionnant dès son plus jeune âge pour la musique, ses parents étant de grands mélomanes. Agé d'environ cinq ans, son goût pour le violon se manifesta lors d'une représentation de forains. L'un d'entre eux enchanta le jeune Claude-Joseph par sa maîtrise de l'instrument, à tel point que l'enfant partit à la suite des forains, rendant fous d'inquiétude ses parents. De retour à la maison il leur expliqua que le forain jouait si bien du violon ! Quelques jours plus tard, sa mère lui ramena un petit violon avec lequel il fit ses débuts de musicien.

   

2. Rouget de Lisle, début de sa carrière militaire.

A l'âge de quinze ans, son père décide d'en faire un officier du Roi. Il entre à l'Ecole Militaire de Paris le 5 mai 1776, après quelques mois de préparation. C'est à cette époque qu'il greffe la particule de Lisle à son nom, l'une des conditions d'entrée à l'Ecole étant d'être noble. Des cousins de la branche aînée portant cette particule, autorisent Claude-Joseph à l'utiliser. Malgré ces nouvelles occupations, il ne perd pas goût à la musique, et se met à fréquenter avec assiduité l'Opéra. Sa compagnie est de plus en plus recherchée dans les salons. Mais cette époque sera marquée par le décès accidentel de sa fiancée, Camille, touchée par une fusée destinée au feu d'artifice célébrant leurs fiançailles.
Le 1er janvier 1782, il entre à l'Ecole du Génie de Mézières où il se lie d'amitié avec Lazare Carnot, qui deviendra l'un de ses détracteurs quelques années plus tard. L'enseignement dispensé porte sur l'art de représenter tous genres de constructions et la science des fortifications. Contrairement à son ami, il semble montrer peu de motivation pour une carrière militaire, élève studieux mais dissipé.
Le 1er avril 1784, il est nommé Lieutenant en second au corps royal du génie, à Mont-Dauphin, forteresse érigée par Vauban, où il est affecté à la surveillance des travaux de fortification. Il y reste trois ans, plus enclin à écrire des vers qu'à accomplir sa tâche avec entrain. Après deux nouvelles affectations, il se réfugie à Paris, où il espère se consacrer à sa vie artistique. Mais en 1791, il doit rejoindre l'Armée du Rhin à Strasbourg.

   

3. L'ennemi aux frontières.

La nouvelle affectation de Rouget de Lisle le mène à Strasbourg en avril 1791. La ville est plongée dans un climat d'effervescence dû aux échos de la Révolution à Paris et à la menace du bloc austro-prussien. A Paris, les Girondins, adversaires du Roi, ont hâte de déclarer la guerre à l'Autriche, et ainsi de s'approprier le pouvoir et de démanteler la monarchie. En effet, quelle que soit l'issue de la guerre, la monarchie sera tenue pour responsable des pertes humaines et économiques, et les Girondins pourront s'imposer au pouvoir. Le 15 avril 1792, l'Autriche réclame la reconnaissance des droits des princes Allemands sur l'Alsace. Les Girondins réussissent à enflammer les esprits. Le décret de déclaration des hostilités à l'Empereur d'Autriche, François II, est voté par l'Assemblée Législative le 20 avril 1792 à la quasi unanimité. Le Roi, sous tutelle, est contraint de signer ce décret. Les jeunes Français s'enrôlent en masse dans l'Armée du Rhin commandée par le Maréchal Luckner, ancien soldat de l'armée du Roi de Prusse ! La guerre va durer environ 25 ans, causer la mort de 6 millions d'hommes et ruiner l'économie de la France. Elle laisse également libre cours aux Girondins pour éliminer la monarchie.

   

4. Nuit du 25 avril 1792, la Marseillaise

A son arrivée à Strasbourg, Rouget de Lisle est très vite accueilli dans le salon du maire Dietrich, dans lequel se côtoient hommes politiques, musiciens renommés, scientifiques et officiers. Il y rencontre Ignace Pleyel, maître de chapelle de la Cathédrale de Strasbourg et musicien émérite. Ils collaborent à la création d'un premier hymne "L'Hymne à la Liberté", pour célébrer l'acceptation du premier acte constitutionnel à Strasbourg (1791). Le 13 janvier 1792, il est promu capitaine.
Suite à la déclaration de guerre, les engagés affluent de toute la France, la ville devient effervescente. Le soir du 25 avril 1792, le maire convie à dîner quelques officiers dont Rouget de Lisle. La conversation s'oriente naturellement vers les préparatifs de la guerre. A la fin du repas, le maire demande à Rouget de Lisle de "composer un chant hardi qui puisse encourager nos soldats à marcher sur la frontière". Au cours de la nuit, il compose d'une traite le chant qui plus tard deviendra l'Hymne National. Après avis de son amis Masclet, il se présente tôt le matin à la porte du maire Dietrich. Enthousiasmé, le maire convie les même invités que la veille afin de leur présenter le nouvel hymne, accompagné de Madame Dietrich au piano. L'assistance est transportée et acclame l'auteur qui a donné pour titre à son œuvre le "Chant de Guerre pour l'Armée du Rhin". L'exécution publique du morceau eu lieu le 29 avril 1792 par les 812 hommes du Bataillon de Rhône et Loire. Ce chant va devenir celui de la République, celui que l'on entonnera lors des moments critiques des batailles.

   

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5. La Marseillaise

Allons enfants de la Patrie !
Le jour de gloire est arrivé.
Contre nous de la tyrannie
L'étendard sanglant est levé ! (bis)
Entendez-vous dans les campagnes
Mugir ces féroces soldats !
Ils viennent jusque dans vos bras
Egorger vos fils, vos compagnes !

Aux armes, Citoyens !
Formez vos bataillons !
Marchons, marchons,
Qu'un sang impur
Abreuve nos sillons.

Que veut cette horde d'esclaves
De traîtres, de rois conjurés ?
Pour qui ces ignobles entraves,
Ces fers dès longtemps préparés ? (bis)
Français ! pour nous, ah! quel outrage !
Quels transports il doit exciter !
C'est nous qu'on ose méditer
De rendre à l'antique esclavage !
Aux armes, Citoyens ! etc.

Quoi ! des cohortes étrangères
Feraient la loi dans nos foyers !
Quoi ! ces phalanges mercenaires
Terrasseraient nos fiers guerriers ! (bis)
Grand Dieu !... Par des mains enchaînées
Nos fronts, sous le joug se ploieraient
De vils despotes deviendraient
Les maîtres de nos destinées !
Aux armes, Citoyens ! etc.

Tremblez, tyrans ! et vous perfides,
L'opprobre de tous les partis,
Tremblez ! vos projets parricides
Vont enfin recevoir leur prix ! (bis)
Tout est soldat pour vous combattre
S'ils tombent, nos jeunes héros,

La terre en produit de nouveaux,
Contre vous tout prêts à se battre.
Aux armes, Citoyens ! etc.

Français ! en guerriers magnanimes
Portez ou retenez vos coups !
Epargnez ces tristes victimes
A regret s'armant contre nous. (bis)
Mais le despote sanguinaire !
Mais les complices de Bouillé !
Tous ces tigres qui sans pitié
Déchirent le sein de leur mère !
Aux armes, Citoyens ! etc.

Amour sacré de la Patrie,
Conduis, soutiens nos bras vengeurs !
Liberté ! Liberté chérie
Combats avec tes défenseurs ! (bis)
Sous nos drapeaux, que la Victoire
Accoure à tes mâles accents;
Que tes ennemis expirants
Voient ton triomphe et notre gloire !
Aux armes, Citoyens ! etc.

   
  6. La Marseillaise (traduction en Anglais)

Arise you children of our Motherland,
Oh now is here our glorious day!
Over us the bloodstained banner
Of tyranny holds sway!
Of tyranny holds sway!
Oh, do you hear there in our fields
The roar of those fierce fighting men?
Who came right here into our midst
To slaughter sons, wives and kin.
To arms, of citizens!
Form up in serried ranks!
March on, march on!
And drench our fields
With their tainted blood!


Supreme devotion to our Motherland,
Guides and sutains avenging hands,
Liberty, oh dearest Liberty,
Come fight with your shielding bands.
Come fight with your shielding bands!
Beneath our banner come, oh Victory,
Run at your soul-stirring cry.
Oh come, come see your foes die,
Witness your pride and our glory.
To arms, of citizens!
Form up in serried ranks!
March on, march on!
And drench our fields
With their tainted blood!


Into the fight we too shall enter,
When our fathers are dead and gone,
We shall find their bones laid down to rest,
With the fame of their glories won,
With the fame of their glories won!
Oh, to survive them care we not,
Glad are we to share their grave,
Great honor is to be our lot
To follow or to venge our brave.
To arms, of citizens!
Form up in serried ranks!
March on, march on!
And drench our fields
With their tainted blood!

   
  7. Les Marseillais aux Tuileries

Le titre originel du chant de Rouget de Lisle était "Le Chant de Guerre pour l'Armée du Rhin". Il deviendra "La Marseillaise" grâce à son appropriation par les 600 Marseillais du Conventionnel Barbaroux qui l'entonnèrent lors de l'assaut des Tuileries, le 10 août 1792. Le chant avait été mis par hasard entre les mains d'un jeune volontaire du bataillon de l'Hérault. Il l'interpréta devant tout son bataillon, qui enthousiasmé, le reprit en chœur tout au long de son trajet vers Paris et lors de l'assaut des Tuileries. Le chant devint donc le Chant des Marseillais, d'où son nom actuel.

   
8. Révocation de l'Armée

Le 1er mai 1792, la capitaine Rouget de Lisle est affecté à Huningue, à la frontière suisse, alors qu'il souhaitait intégrer l'Armée du Rhin.
Après les évènements du 10 août 1792, l'Assemblée Législative suspend le pouvoir royal après avoir interné Louis XVI et sa famille au Temple. C'est le début de la Terreur. Des commissaires aux armées ont pour mission de faire prêter serment de fidélité au nouvel ordre établi. L'Armée du Rhin est inspectée par Lazare Carnot, ancien compagnon d'Ecole de Rouget de Lisle. Celui-ci est le seul à refuser de prêter serment, car il déclare avoir prêté serment à "La Nation, à la Loi et au Roi" et il n'admet pas qu'un élément ait été supprimé par une émeute. Bien qu'il adhère aux idées nouvelles, il reste attaché au Roi, et souhaiterait la mise en place d'une monarchie constitutionnelle. Il brise sa carrière militaire par cette prise de position. Il intègre cependant l'état major du général de Valence dans l'Armée des Ardennes, mais sa présence est illégale. Mi-janvier 1793, les deux officiers se rendent à Paris pour régulariser la situation, mais le général repart sans Rouget de Lisle. On ne sait pas exactement pour quelle raison : soit le général a reçu l'ordre du ministre de ne plus reprendre Rouget de Lisle avec lui, soit il a eu vent de la liaison qu'entretenait l'officier avec son épouse, Pulchérie. Rouget sera arrêté quelques temps plus tard et emprisonné deux mois. Il échappe à la guillotine grâce à la chute de la Terreur et de Robespierre, le 9 Thermidor 1793.

   
9. Rencontre avec Bonaparte

Suite aux épisodes de la Terreur, Rouget de Lisle reprend sa fréquentation des salons, et notamment celui de Madame Tallien, la femme de celui qui renversa Robespierre. C'est là qu'il fait connaissance avec le général Bonaparte et Joséphine, qui ne sont pas encore les personnages célèbres que nous connaissons. En octobre 1795, Rouget de Lisle est aux cotés de Bonaparte lorsqu'il s'illustre lors du conflit avec les royalistes (13 Vendemiaire). Il décèle déjà la flamme qui brûle dans le regard du jeune général et son habileté de tacticien.

   
  10. La Marseillaise, Chant National

Le 14 juillet 1795, la Convention fait exécuter l'Hymne des Marseillais par l'Orchestre de l'Institut National de Musique. Les députés demandent que l'Hymne soit consigné dans le procès-verbal du jour, et adopté comme Chant National. Pour récompenser son auteur, on lui offre deux violons. Il en profite pour demander sa réintégration dans l'Armée, mais celle-ci lui est refusée. Le 3 mars 1796, il démissionne, certain que Carnot s'acharne contre lui, l'empêchant d'accéder à toute promotion. Cette démission intervient alors que débute l'ère napoléonienne, qui verra de simples sergents devenir maréchaux.

   
11. Déboires avec Bonaparte

Suite à sa démission, et à cause de son caractère entier, Rouget de Lisle va se voir fermer de nombreuses portes et des ennemis acharnés se dresser contre lui. Le premier, Carnot, à qui il envoya des courriers accusateurs se déclarant son ennemi, empêcha Claude-Joseph de devenir l'aide de camp de Hoche, son protecteur. Il doit se consacrer à son art, mais cela ne lui suffit pas pour subvenir à ses besoins. Son frère, Pierre, alors général en Batavie (Hollande), lui transmet une offre émanant de Charles-Frédéric Reinhardt, futur ministre des Relations Extérieures du Consulat. Celui-ci lui offre une sorte d'ambassade auprès de la République Batave, à La Haye. Il doit assurer une liaison permanente entre le ministre français à La Haye et l'ambassadeur de la République Batave à Paris. Il s'agit d'un pays complètement ruiné, auquel le Directoire impose la Constitution de son choix en 1798. Malgré les humiliations, de nombreux Bataves honorent le traité et combattent pour la France. Rouget de Lisle s'insurge contre le traitement qui leur est infligé. C'est alors qu'il se fait un deuxième ennemi, Napoléon Bonaparte lui-même. Après que Bonaparte ait renversé le Directoire et soit devenu Premier Consul, Rouget de Lisle lui adresse une lettre des plus audacieuses concernant la Batavie, et s'oppose ouvertement à lui lors d'un entretien orageux. Bonaparte se débarrasse alors de lui en l'envoyant en mission à la Cour d'Espagne, et part en campagne en Egypte sans lui (alors que Rouget de Lisle souhaitait intégrer ses troupes en tant que musicien). A son retour d'Egypte, Bonaparte provoque un coup d'Etat le 9 novembre 1799 et s'installe au Palais du Luxembourg. Le deuxième affront entre les deux hommes va se produire suite à l'implication involontaire de Rouget de Lisle dans les affaires frauduleuses de Joséphine (qui se fait de l'argent sur les marchandises destinées à l'Armée). Rouget tente de se disculper auprès de Napoléon et implique Joséphine, ce qui déclenche la fureur de Napoléon qui avait eu vent de ces histoires mais souhaitait les étouffer. Il se ferme ainsi toutes les portes, et Bonaparte va s'acharner contre lui, ne lui permettant jamais d'accéder à une situation décente. En 1803, de Lisle souhaite s'exiler, espérant trouver un refuge ailleurs qu'en France où il n'a aucun avenir, mais Napoléon lui refuse le passeport, et son frère, Louis Bonaparte, alors roi de Hollande l'empêche de rejoindre son frère là-bas. Les petits métiers se succèdent (copiste, traducteur d'anglais, journaliste…), et les dettes s'accumulent. Cela n'empêche cependant pas Rouget de Lisle d'adresser une nouvelle lettre insolente à Napoléon sur sa politique, les conditions de vie des français, les crimes et destructions engendrées. Cette fois-ci, Napoléon se venge en bannissant le chef d'œuvre de Rouget de Lisle, la Marseillaise.

   
  12. Son cousin prépare un complot contre Napoléon

En 1812, sa mère et ses deux sœurs décèdent. Claude-Joseph regagne alors le domaine familial à Montaigu afin d'en assurer la gestion. Son cousin, le général Malet, emprisonné pour complot contre Napoléon en 1808, a l'idée de faire passer l'Empereur pour mort alors qu'il se trouve en campagne en Russie, afin d'abolir le régime impérial. Le 23 octobre 1812, il s'évade et se présente seul à la caserne Popincourt, revêtu de son uniforme de général, et présente de fausses dépêches annonçant la mort de l'Empereur. Il se fait passer pour le nouveau gouverneur militaire de Paris et donne des ordres pour faire emprisonner le ministre de la Police et le préfet de Police et les remplacer par deux de ses amis. Mais le général Hulin se doute de la conspiration, car il sait que Malet devrait être en prison. Son plan échoue, et Malet est condamné à mort. Connaissant la parenté entre Malet et Rouget de Lisle, les autorités cherchent à l'inculper, mais celui-ci prouve qu'il se trouvait à Montaigu et non pas à Paris, et qu'il n'avait rien à voir avec ce complot.

   
  13. Napoléon en difficultés

La campagne de Russie de 1812 est une débâcle, de nombreux soldats ont péri et les troupes sont démoralisées. Afin de leur redonner courage, Napoléon leur fait chanter la Marseillaise, chant qu'il avait banni quelques temps auparavant! Sur les 509700 hommes partis, seuls 20000 rentrent en France. Le 4 décembre 1813, les Alliés rendent Napoléon seul responsable de la guerre, et les trois armées coalisées envahissent la France. Les royalistes désorganisent les défenses, il n'y a pas de résistance. Le Tsar de Russie et le Roi de Prusse entrent dans Paris le 31 mars 1814. Le 3 avril, le Sénat et le Corps Législatif prononcent la déchéance de Napoléon qui abdique le 6 à Fontainebleau. Louis XVIII (Bourbon) prend le trône de France, mais le 1er mars 1815, Napoléon revient de l'île d'Elbe et remonte vers Paris avec une armée qui s'agrandit au fur et à mesure et reprend le pouvoir. Il arrive aux Tuileries le 20 mars. La défaite de Waterloo le 18 juin 1815 marque la fin de son règne, il abdique pour la seconde fois le 22 juin 1815.

   
  14. La misère pour Rouget de Lisle

La gestion du domaine devient difficile et peu rentable. Pierre, le frère de Claude-Joseph, l'oblige à vendre, ce qui le plonge dans la misère. Son frère lui en veut car il n'a pas la fin de carrière qu'il mérite, selon lui à cause de la Marseillaise, bannie par la Monarchie et l'Empire. Il revient à Paris, où il retrouve ses anciens amis qui cherchent à l'aider à survivre. Son ami Béranger, poète et musicien, lui est d'un grand secours, se démenant pour lui obtenir un pécule. Le 9 juin 1826, Rouget de Lisle est emprisonné pour dettes pendant 17 jours, et sorti par Béranger qui a réussi à réunir des fonds provenant de personnes soutenant l'auteur de la Marseillaise. Béranger lui fait croire que cet argent provient de la vente de ses textes, car il sait que son ami n'accepte pas la charité. Peu de temps après, Claude-Joseph est victime d'une attaque d'hémiplégie, dont il se remet difficilement. Le général Blein, puis les Voïart l'accueillent.

   
15. L'honneur retrouvé

En juillet 1830, le peuple s'insurge contre les Bourbons au son de la Marseillaise. Charles X abdique en faveur de Louis-Philippe qui accorde une rente à Rouget de Lisle, à la demande de Béranger. Grâce aux actions de son ami, Claude-Joseph va percevoir 3500 francs de rente et sort de la misère. En décembre 1830, il est promu Chevalier de la Légion d'Honneur. Il meurt le 26 juin 1836 à Choisy le Roi à l'âge de 76 ans, après avoir eu le bonheur d'entendre sa Marseillaise harmonisée par Berlioz.

   
16. Aux Invalides

En 1878, le chant est adopté comme hymne national de la France. En
1915, Raymond Poincaré souhaite redonner du courage aux soldats engagés dans la guerre et pense à rechercher le corps de l'auteur de l'hymne national afin de le placer au Panthéon le 14 juillet. L'accord des deux Assemblées ne peut être obtenu à temps et le corps est transféré provisoirement aux Invalides, en attente de l'autorisation. Il y est toujours et repose aux cotés du corps de Napoléon, contre lequel il s'était insurgé à de maintes reprises.